Pisciculture des Ecrins

Dans le cadre de ses missions d’intérêt général de préservation du foncier agricole et d’installation de nouveaux exploitants, la SAFER PACA est au cœur des questions de transmission des exploitations agricoles. Assurer la pérennité de ces activités est une des clés du dynamisme économique des territoires. Illustration avec la Pisciculture des Ecrins située au cœur du Parc National des Ecrins (05).

A Châteauroux-Les-Alpes, tout le monde connaît la Pisciculture des Ecrins ! Créée à la fin des années 90 par Gérard et Josiane Faure, l’exploitation s’est forgée au fil des ans une belle réputation. Outre le savoir-faire de ses propriétaires, le secret de la qualité de ses truites tient en partie aux eaux cristallines du Rabioux qui prend sa source au coeur du parc National des Ecrins. Version fumée, à l’huile, en rillette ou en terrine, les truites de la Pisciculture des Ecrins se dégustent désormais bien au-delà des Alpes et s’affichent sur de nombreuses tables de France. Une aventure rendue possible grâce à l’engagement de deux jeunes ingénieurs agronomes de l’ISARA Lyon et le soutien de la SAFER PACA qui a accompagné la transmission de cette exploitation essentielle à la dynamique d’un territoire alpin.

Contribuer au développement durable des territoires ruraux

Bassins sous la neige – Crédit photo : Pisciculture des Ecrins

Parmi leurs missions de service public, les SAFER (Société d’Aménagement Foncier et d’Etablissement Rural) accompagnent des opérations, parfois atypiques, dont l’objectif est de contribuer au développement économique et démographique d’une commune ou d’un territoire. Ainsi, lorsqu’en 2017, les anciens propriétaires envisagent de céder l’exploitation piscicole, la SAFER PACA se voit chargée du dossier. Un dossier peu classique avec une vente comprenant le foncier mais aussi les bassins d’élevage, le lac de pêche, une habitation, un bâtiment de transformation, ainsi que l’entreprise elle-même et l’ensemble des autorisations administratives nécessaires à ce secteur d’activité. Pour Jean-Marie Digue, Directeur Départemental de la SAFER PACA : « Au-delà des spécificités techniques d’une transmission, qui peuvent être très complexes, l’essentiel de notre travail est de s’assurer que tous les voyants sont au vert le jour J, qu’ils soient administratifs, réglementaires, financiers, juridiques et fiscaux. Et aussi, point déterminant, d’entretenir une relation de confiance entre cédants, repreneurs et SAFER basée sur la réactivité, la fiabilité et la transparence de l’information. Avec Gérard, Josiane, Maxime et Anouck, on s’appelait jusqu’à 5 fois par jour ! »

Favoriser l’installation

Bassins – Crédit photo : Pisciculture des Ecrins

Grâce à son expertise foncière, technique et financière, la SAFER PACA a su accompagner les deux porteurs de projet retenus par son Comité Technique, vers le chemin de la réussite. Maxime Sarton et Anouck Bonhomme, jeunes ingénieurs agronomes issus de l’ISARA-Lyon, étaient les bons candidats.

« Je suis originaire d’Embrun », confie Maxime. « Après mon Bac j’ai dû partir, comme beaucoup, pour poursuivre mes études. J’ai commencé par un BTSA Aquaculture puis intégré l’ISARA-Lyon en troisième année. Après avoir parcouru la France et la Belgique en tant que chef de projet industriel agroalimentaire, j’ai eu envie de revenir chez moi et de renouer avec ma passion pour l’aquaculture ». Anouck, quant à elle, a passé une bonne partie de son enfance dans les petites montagnes du Jura. Elle rencontre Maxime à l’ISARA-Lyon et obtient son diplôme en 2015. Après un parcours professionnel en tant que Responsable Qualité au sein d’un d’élevage d’esturgeons et de production de caviar du Sud-Ouest, elle rejoint l’enseigne Grand Frais en tant que Responsable Audits et Certifications. « Ces deux expériences ont été riches dans bien des domaines et m’ont beaucoup appris, mais cette vie ne me convenait plus. Je voulais pouvoir prendre mes propres décisions et construire mon avenir professionnel au côté de Maxime. Nous avions à coeur de créer ou reprendre une pisciculture. La seule condition était de retourner dans les Hautes-Alpes. »

 

La convention SAFER, un outil d’amorçage

Un beau projet mais pas simple à mener à terme, la reprise d’une exploitation représentant souvent un lourd investissement et un endettement difficilement soutenable pour de jeunes repreneurs.

Le lac de pêche – Crédit photo : Pisciculture des Ecrins

Fidèle à son objectif de soutien à l’installation, la SAFER PACA dispose d’une convention, en partenariat avec les Caisses Régionales du Crédit Agricole, Alpes Provence et Provence Côte d’Azur, qu’elle a mise en oeuvre pour Maxime et Anouck.

Le principe ? La SAFER acquiert les terrains non bâtis, les bassins d’élevage et le lac de pêche puis les loue pendant 5 ans aux jeunes installés, afin de limiter leur endettement initial et de leur permettre d’investir dans leurs outils de travail. Au terme de ces 5 ans, Maxime et Anouck pourront devenir propriétaires au prix d’achat initialement déterminé, déduction faite des loyers déjà versés. Aujourd’hui, avec presque 2 ans de recul, l’exploitation continue son expansion et a pour ambition d’avancer sur la voie de la transition écologique : réduction des densités d’élevage, programme de pisciculture zéro émission, bassin ergonomique… Des projets plein la tête et des étoiles plein les yeux pour Maxime et Anouck qui ne regrettent pas leur choix : « Aujourd’hui, nous sommes très heureux de pouvoir perpétuer cette activité et de participer activement à l’économie locale dans ce département où il fait si bon vivre ! »